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 Fanfan d'Alexandre Jardin

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Acid Queen
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MessageSujet: Fanfan d'Alexandre Jardin   Mer 16 Jan - 16:40

Résumé:
Alexandre Crusoé a vingt ans lorsqu'il décide de résister toujours au désir que lui inspire Fanfan et de ne jamais avouer sa passion afin de la soustraire à l'usure du temps. Faire la cour sans fléchir devient sa maxime.
Amoureuse, Fanfan usera de toutes les ressources de son esprit imprévisible pour exacerber la concupiscence d'Alexandre, avec l'espoir de l'obliger ainsi à renoncer à sa résolution.
Fanfan est le roman d'un jeune homme qui voulut prolonger éternellement les préludes d'un amour.

Extraits:
« Les commencements ont des charmes inexprimables »
(Molière, Dom Juan - citation d'entrée du roman)

Soutenir une passion une vie entière...

Mon père moquait mon goût pour les sentiments indéfectibles et me rappelait souvent, avec des regards par lesquels il me narguait, que j'étais son fils et que je n'échapperais pas aux gènes qu'il m'avait légués. Ma mère était moins franche ; mais ses remarques ne manquaient pas d'éloquence. Il lui arivait de temps à autre de s'adresser à Laure en faisant précéder la phrase principale de subordonnées telles que « Si Alexandre te quitte » ou « Si un jour tu trompes Alexandre », ne mettant le « Si » que pour ne pas me heurter et en l'articulant avec une nuance qui lui ôtait tout sens conditionnel. En dépit de sa bonne volonté, elle ne concevait pas qu'une passion pût se soutenir tout au long d'une existence.

Moi si.

Je voulais désespérément croire en l'éternité des mouvements du coeur, au triomphe de l'amour sur les atteintes du temps. Il y avait en moi un jeune homme romantique qui aurait souhaité n'éprouver que des sentiments inusables, un jeune homme qui vomissait les moeurs de ses parents.
Voilà pourquoi à dix-neuf ans, je m'étais juré de ne jamais regarder qu'une seule femme. Laure avait su me séduire à ce moment-là. Ce serait donc elle mon épouse, jusqu'à ce que mort s'ensuive ; et au diable mes instincts.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Libre comme Fanfan

Fanfan savait simplifier la vie. Elle était affranchie des préoccupations qui brident la plupart des êtres humains. La liberté qu'elle s'octroyait à chaque instant me fascinait. (...)

A l'écouter, l'Everest semblait un talus, les noeuds paraissaient destinés à être dénoués et l'argent n'était un problème que pour ceux à qui elle en devait. Fanfan n'avait pas peur de ses peurs. Sa liberté intérieure me fascinait et m'affolait. Devant elle, j'éprouvais l'envie de me délester moi aussi de mes craintes et de vivre enfin à plein régime. Mais cette aspiration m'inquiétait. Pourtant, Fanfan avait raison. Il faut oublier le conditionnel, aimait-elle répéter.
Elle était curieuse et gourmande de tout, avide de s'utiliser, dévorée par une impérieuse nécessité de réinventer le septième art. La vitalité jaillissait des pores de sa peau.

Ce matin-là, je tombai amoureux de ses défauts. Elle était menteuse mais ne mentait que pour embellir la réalité. Elle avait l'insolence qui fait rire. A la fois culottée, orgueilleuse et férocement jalouse de ceux qui réussissaient plus vite qu'elle, Fanfan échappait à tout ridicule en ne dissimulant aucun de ses travers. Voleuse, elle ne dérobait de l'argent ou du matériel que pour pratiquer son art. Fanfan était de ces êtres qui ne pèchent que gaiement et dont les mauvais penchants ont une grâce particulière. Libre par nature, elle osait être elle-même avec désinvolture.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Ajourner constamment l'instant des aveux

Le spectacle de cette famille confite en habitudes et de ce couple engourdi m'effrayait plus que les excès de mes parents. Sur le chemin de la gare, je compris avec inquiétude qu'en dépit de mon aspiration à un certain conformisme, j'avais une nature passionnée et excessive que je ne pourrais contredire longtemps. Mon rêve d'une existence conjugale paisible reposait sur un malentendu. J'étais bien un Crusoé même si mes chemins n'étaient pas ceux de mon père et de ma mère. ll me fallait satisfaire à la fois ma soif de vertiges et mon besoin d'une vie réglée.

Dans le train qui me ramenait vers Paris, je pris alors le parti le plus fou qu'un être sexué puisse prendre. Je décidai de revoir Fanfan, de me tenir toujours avec elle dans les simples termes de l'amitié et d'ajourner constamment l'instant de mes aveux. Cet arrêt que je portai sur moi-même m'exaltait. Il me garantissait que jamais mon ardeur pour Fanfan ne diminuerait, que jamais nous ne connaîtrions les platitudes de la vie de couple.(...)
Séduire Fanfan sans fléchir devint ma maxime.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Les manèges de l'amour

Je pris rendez-vous avec Fanfan pour le samedi soir et réservai la meilleure table d'un petit restaurant qui se trouvait sur la rive droite de la Marne, à vingt minutes du centre de Paris. La terrasse s'avançait sur le fleuve et n'était éclairée la nuit que par des bougies. Un endroit d'ombre et d'eau.
Dans ce cadre, à lui seul presque un aveu, j'entendais faire une cour appuyée à Fanfan sans jamais m'ouvrir tout à fait. Mon programme serait de me répandre en attentions équivoques que mes paroles ou mes omissions démentiraient. Je désirais que cette soirée fût un jeu de subtiles frustrations mêlées d'instants où tous les espoirs lui paraîtraient permis.

On s'étonnera peut-être de me voir ainsi régler ma conduite; les amoureux ne s'abandonnent-ils pas habituellement à l'ivresse de leurs emportements ? Sans doute. Mais il y a toujours eu en moi un calculateur doublé d'un être sincère. J'allais, certes, avoir recours à une tactique, mais avec candeur. J'avais une authentique passion pour les manèges de l'amour, auxquels je ne me suis jamais livré qu'en tremblant.
Je n'étais d'ailleurs pas certain d'agir selon mes intentions. Prévoir mes attitudes loin de Fanfan n'était guère difficile. A l'exécution, l'exercice serait autrement plus ardu. Qui sait si son regard ne me dépouillerait pas de ma volonté ? Je pensais cependant être capable de tempérer mes élans. Je voulais le croire.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Le coeur, organe de prédilection

En chemin vers Boulogne, je jouissais d'être assis aux côtés de cette jeune femme imprévisible qui accaparait mon coeur. Tout dans cette soirée m'enchantait. Je m'abandonnais à ma joie d'avoir découvert en mes temporisations le secret d'une passion inaltérable. J'échappais ainsi aux désordres de Verdelot et à la morne union des Chantebise. Certes, ma solution était singulière et le sens commun la désavouait; mais en tant que membre de la famlle Crusoé, j'étais à mon aise dans le bizarre.

Tout en roulant, je préparais en moi-même les modalités de la surprise que je réservais à Fanfan; et lorsque tout fut arrêté, je convins qu'on ne dépense jamais assez d'imagination pour concevoir des moments romantiques. J'ose l'avouer, le coeur était et demeure mon organe de prédilection. Je ne dédaigne pas le cerveau, mais il me semble qu'on ne raisonne que trop là où il faudrait ressentir pour ne rien regretter quand vient le grand âge.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Mettre un peu d'éternité dans ses sentiments...

Parfois je me disais : pourquoi n'as-tu pas une aventure brève et clandestine avec Fanfan ? N'est-ce pas de cette façon que la plupart des maris soulagent leurs désirs ? Ce genre de parenthèse ne bouleverse pas leur ménage. Ils négocient un compromis avec leur conscience et volent ainsi un peu de plaisir à la vie avant que la vieillesse ne les rattrape. J'aurais été ravi d'avoir cette insouciance.

Mais faire de moi un amant aurait réveillé mes angoisses verdelotiennes. La seule idée de commettre un écart me jetait dans des affres terribles. Je n'ai jamais su aimer à moitié et envie ces hommes qui savent embrasser une fille sans rien promettre, ces garçons pour qui l'amour est un passe-temps délicieux. Souvent j'ai rêvé d'être frivole. Ma gravité me pose. Sans doute cela me vient-il de mes parents. Leur polygamie ne fut jamais légère. J'ai toujours éprouvé le besoin de mettre un peu d'éternité dans mes sentiments.

Basculer Fanfan un soir et la remercier le lendemain ou quelques jours plus tard me paraissait inconcevable, parce que c'était elle. Peut-être aurais-je pu coucher une nuit avec une autre fille ; mais Fanfan n'était pas une simple rencontre. Elle était celle pour qui j'étais né. Je pressentais que notre liaison achèverait mon histoire avec Laure et nous conduirait inéluctablement vers une existence commune. Or, je ne voulais pour moi et Fanfan que l'enchantement de la passion naissante. La vie de couple me semblait un péril trop grand.(...)

La littérature, le théâtre et le cinéma m'enseignaient que s'il demeure quelque ivresse aux amants après le premier baiser, ce n'est que pâle contrefaçon des griseries qu'ils ont connues dans le pressentiment de l'amour. Les obstacles à leur vie commune qu'inventent auteurs et scénaristes ne sont là que pour faire oublier cette vérité amère : la passion expire quand l'espérance est morte. Et puis, mes tourments passés justifiaient ceux qui m'attendaient, je refusais d'avoir souffert en vain jusque-là.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Jubilation

Au volant de la puissante automobile de mon père, je jubilais. J'avais conscience d'être enfin moi-même l'Alexandre imprévisible, fantasque et incapable de modération que je bâillonnais trop souvent. Je sentais couler dans mes veines le sang des Crusoé et m'étonnai qu'il pût y avoir en moi cet énergumène et un Alexandre aussi pondéré que pusillanime. J'étais pourtant à la fois celui qui partageait l'existence de Laure et celui qui conduisait dans la nuit noire à cent quatre-vingts kilomètres à l'heure pour offrir à Fanfan l'un de ses souhaits.

Alexandre Jardin, Fanfan


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Ne garder que le meilleur ?...

Enfin je menais une existence qui correspondait à ma folie. Enfin je modifiais la réalité que je détestais. Peu à peu, j'oubliais presque la vitre qui nous séparait. A la fin du film, je m'adressai à Fanfan :
- Tu vois, je voudrais que notre histoire soit aussi parfaite que ce film, qu'on sorte de bons mots dix fois par jour, qu'on n'aille jamais aux chiottes, que tu sois toujours vêtue comme une reine, maquillée sublimement du matin jusqu'au soir, bien éclairée en permanence et que nos engueulades mêmes aient du style. Je t'adore trop pour vivre notre amour. Tu as raison d'aimer le cinéma. Le montage, ça sauve tout. Un coup de ciseaux et les longueurs sautent, hop ! On ne garde que le meilleur. Et puis il y a la musique. Mais dans la vraie vie... Je te parie qu'à la fin du film, Bogart va embrasser Katharine Hepburn. Eh bien, nous ne commettrons jamais cette sottise. Nous ne sommes peut-être pas des personnages de cinéma mais nous deux on n'aura que le meilleur. Je te le jure. Les baisers, il faut les rêver, les attendre... Tu sais bien que j'ai raison. Regarde autour de toi. Les couples n'arrêtent pas de se raconter l'époque où ils espéraient encore que l'autre répondrait à son amour... Eh bien, moi, je ne veux pas que l'enchantement passe.

Alexandre Jardin, Fanfan

Mon avis perso:
J'ai beaucoup aimé ce livre, dans la même ligné que Le premier amour d'Amigorena... je vous conseille si vous n'avez rien a vous mettre sous la dent. de plus l'auteur a un trés beau style d'écriture

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MessageSujet: Re: Fanfan d'Alexandre Jardin   Jeu 17 Jan - 4:34

Mais ou tu pêche ça?? Il a l'air trop bien, il faut que je me le procure aussi!! =)
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MessageSujet: Re: Fanfan d'Alexandre Jardin   Ven 18 Jan - 19:20

ahah, en fouinant dans ma maigre librairie^^

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